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Les critères de choix d’un isolant

L’isolation des bâtiments est irrémédiablement un enjeu majeur pour la planète. Près de 10% (1) des émissions de CO2 (gaz à effet de serre) proviennent des habitations résidentielles. Chacun doit donc prendre sa part de responsabilité et contribuer à diminuer les dépenses d’énergies pour préserver notre environnement et celui de nos enfants. Et cela passe par une maîtrise des déperditions thermiques (2) par le toit, qui représente 25 à 30% des pertes de chaleurs, les murs (20 à 25%), l’étanchéité à l’air (20 à 25%) et les fenêtres (10 à 15%).

schema_deperdition_thermique_maisonLa question qui se pose, quand on est néophyte en ingénierie thermique, est de savoir comment faire le bon choix d’un isolant dans le cadre d’une rénovation. Voici une liste des 10 principaux critères pour vous guider dans la sélection de votre matériau d’isolation.

1/ Le support à isoler

Qu’il s’agisse de combles perdus, de combles aménagées, d’une pièce à vivre, d’une pièce d’eau, d’un garage, du toit ou du plancher, le choix de l’isolant sera différent. Les critères suivants seront donc déterminants pour identifier le matériau le plus adapté à votre cas.

2/ Les résultats escomptés

Selon la pièce ou la partie du bâtiment à isoler, vous n’aurez pas les mêmes exigences de performances thermiques. L’isolation d’un garage sera moins contraint que celle d’une pièce de vie. En général, l’isolation nécessite de bien traiter les ponts thermiques (3) et l’étanchéité à l’air. Si vous souhaitez revendre le logement isolé, les objectifs peuvent être guidés par la performance souhaitée dans le cadre de votre diagnostic de performance énergétique (DPE). Une bonne isolation valorisera d’autant plus votre bien immobilier.

Fixez-vous un objectif de performance thermique global ou localisé et faites votre choix de matériau en fonction.

3/ L’espace à préserver

Vous envisagez d’aménager des combles perdus et l’espace est compté. Il vous faudra alors chercher des solutions d’isolation qui soient adaptés à votre situation, avec un isolant mince pour les parois de sous-toiture ou en isolant la toiture par l’extérieur (technique du sarking). Une pièce exiguë peut aussi nécessiter, quand c’est possible, une isolation par l’extérieur avec une finition en bardage ou enduit.

4/ Le type de pose

Isocell_Dampfbremse_Querlattung_anbringenQue vous réalisiez l’isolation par vous-même ou par un poseur, ce critère peut être déterminant. La pose en rouleau nécessite quelques connaissances et des accessoires de pose adaptés alors que la pose par soufflage nécessite un accès et un matériel spécifique. Pensez bien dans l’évaluation de votre budget global que les accessoires de pose (rails, attaches, …) et outils nécessaires ont un coût non négligeable dans l’estimation du prix total.

5/ Les performances thermiques souhaitées

Il est important de savoir que certaines aides sont conditionnées par le niveau de performance obtenu après vos travaux d’isolation. Ces aides sont toutefois éligibles seulement si vous faites appel à un professionnel RGE (4)

À l’inverse des matériaux denses (métaux en tête) qui sont bons conducteurs de la chaleur, les isolants conduisent moins la chaleur. Leurs performances techniques, pour les parois opaques, sont traduites par des coefficients chiffrés qui figurent sur les emballages des produits :

¤ Le coefficient de conductivité thermique lambda ƛ exprime sa faculté à conduire la chaleur. Plus ƛ est petit, plus le matériau est isolant (les matériaux isolants courants ont des ƛ compris entre 0,025 et 0,050 W/m.K)

¤ La résistance thermique R. est exprimée en m2.K/W, elle s’obtient par le rapport de l’épaisseur (en mètres) sur la conductivité thermique l du matériau considéré. La résistance thermique d’un matériau isolant est d’autant plus élevée que son épaisseur est grande et que son coefficient de conductivité est faible. Plus R est grande, plus la paroi est isolante. En cas de superposition des couches, les R s’additionnent.

performances-thermique-R

¤ Le déphasage ou la diffusivité thermique exprime la capacité d’un matériau à transmettre (rapidement) une variation de température. Un déphasage de 10 à 12 h permet d’atténuer les différences de température entre le jour et la nuit.

Les caractéristiques indiquées sur l’étiquetage certifient le niveau de performance de l’isolant et garantissent la réalisation de tests (voir notre article)

6/ La régulation hygrométrique

Les murs anciens ont souvent des qualités de régulation de l’hygrométrie. Les murs en pierre, par exemple, absorbent l’humidité lors des périodes pluvieuses et la restituent lors des périodes plus sèches. La solution d’isolation devra donc prendre en compte ces particularités.

Attention aux murs humides : il est indispensable de traiter les problèmes d’humidité avant la pose de l’isolant au risque de détériorer l’isolant et donc ses performances.

7/ Les critères de durabilité

Quand on fait un choix d’isolant, on doit aussi pouvoir se déterminer en fonction de critères écologiques et de durabilité dans le temps.

  • La tenue mécanique est indispensable pour prévenir le tassement de l’isolant dans le temps
    l’origine de l’isolant. Une marge d’épaisseur est à prévoir avant la pose du matériau. (art blog)
  • La durée du matériau dans le temps est aussi déterminant. Ainsi, certains isolants ne résistent pas longtemps aux zones humides (moins d’une dizaine d’année) et à certains rongeurs.
  • Le bilan carbone évalue la quantification des émissions en gaz à effet de serre (exprimées en équivalent carbone) intrinsèques à ce matériau, sur l’ensemble de son cycle de vie. Peu de fabricants s’expriment encore sur ce critère. Il permet pourtant de déterminer l’impact écologique du matériau, de la fabrication jusqu’au recyclage, en passant par sa pose.

8/ L’impact sur la santé

protections nécessaire lors de en projetage humide de ouate de celluloseCertains produits contiennent des fibres irritantes pour la peau, les yeux et les poumons au moment de la pose, d’autres produisent des gaz toxiques en cas d’incendie. Toutefois, une fois l’isolant enfermé dans un mur et si les règles de pose sont bien respectées, les risques sont minimisés.

Il est donc important de bien lire les consignes de sécurité et de pose pour l’utilisation du matériau.

9/ La résistance au feu

La majorité des matériaux sont inflammables. Les isolants classés A1, A2-S1, d0 ou encore M0 sont réputés incombustibles. Le but est donc de connaître son comportement face au feu. Va t-il le contenir, immédiatement se propager ? De nombreux tests sont effectués par les organismes officiels sur chaque matériau. Les résultats sont parfois étonnant ! (voir notre article )

10/ Le prix

Ce critère, bien que déterminant pour votre budget, doit être le dernier élément à prendre en compte. Il est parfois préférable d’augmenter son enveloppe de départ pour éviter à devoir refaire les travaux dans quelques années, souvent bien plus coûteux.

La ouate de cellulose est un isolant d’origine recyclé qui peut répondre à nombre de ces critères de choix. Economique, écologique, facile de pose, des performances de premier niveau et une grande résistance à l’humidité en font un isolant incontournable pour vos travaux de rénovation thermique. Pensez-y !

(1) source ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/199/0/emissions-gaz-effet-serre-secteur-france-1.html
(2) source Ademe : http://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/habitation/renover/isolation/isolation-toit-murs-planchers
(3) pont thermique : zones de faiblesse de l’isolation qui laisse passer le froid ou la chaleur et cause certaines pathologies (traces noires, moisissures, …)
(4) RGE : Reconnu garant de l’environnement
Liste des professionnels : http://www.renovation-info-service.gouv.fr/trouvez-un-professionnel

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